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Iran, élection 2021 : les appels au boycott s’amplifient et terrifient le régime

Iran, élection 2021 : les appels au boycott s’amplifient et terrifient le régime

Ces derniers jours, les responsables du régime expriment leur crainte concernant le boycott général de l’élection présidentielle des mollahs qui se tiendra le 18 juin prochain en Iran.

Par
Shamsi Saadati

Ces derniers jours, les responsables du régime expriment leur crainte concernant le boycott général de l’élection présidentielle des mollahs qui se tiendra le 18 juin prochain en Iran.

« L’ennemi répand l’idée que l’élection est inutile« , a déclaré vendredi le mollah Javad Mojtahed Shabestri, membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime.

« Boycotter les urnes n’est pas la solution pour surmonter les difficultés actuelles », a déclaré Abdollah Haji Sadeghi, le représentant d’Ali Khamenei, le chef suprême du régime, au sein des Gardiens de la révolution (CGRI). « Certaines propagandes ne sont pas justes et honnêtes. Certains ont des programmes sérieux pour retourner les sentiments des électeurs », a-t-il déclaré vendredi à l’agence de presse ISNA.

« Certaines personnes se heurtent au intrigues des ennemis qui appelent au boycott de l’élection. Les ennemis, pour atteindre leur objectif, cherchent à augmenter les pressions et exigent plus de concessions, provoquant des atteintes à la sécurité (du régime)», a déclaré jeudi Yadollah Javani, adjoint politique du CGRI (Agence de presse officielle Tasnim, le 3 juin).

« À l’approche de l’élection, la guerre psychologique des ennemis s’intensifie et utilise les moyens diplomatiques, les réseaux d’information et de satellite, et le cyberespace pour boycotter l’élection », a écrit jeudi le quotidien Javan.

« Les tactiques de l’ennemi consiste à remettre en cause la structure du système (régime) et sa gestion, ainsi qu’à provoquer les opposants pour changer de régime et organiser des rassemblements pour protester contre la procédure de sélection des candidats, inciter les gens, en particulier les plus démunis, à agir contre le système et accuser les responsables politiques de ne pas vouloir résoudre les problèmes de la population », a déclaré le quotidien Javan.

Les activités de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran et son réseau interne d’«unités de résistance » ont terrifié les dirigeants du régime. Depuis 1981, l’OMPI a été le porte-drapeau du rejet du mythe de la modération dans le régime et de la défense des droits du peuple iranien pour le changement de régime et la démocratie.

Au cours des derniers mois avant les élections, les unités de résistance de l’OMPI ont étendu leurs activités à tout le pays autour du boycott de l’élection du régime notamment avec l’installation d’affiches et de banderoles et des taggages pour soutenir l’appel pour le changement de régime.

Afin de faire face à une société agitée, Khamenei entend consolider son pouvoir en imposant Ebrahim Raïssi dans les urnes. Raïssi, l’actuel chef du pouvoir judiciaire, a joué un rôle clé dans le massacre de 1988 de plus de 30 000 prisonniers politiques.

Ces derniers jours, les unités de résistance de l’OMPI ont ciblé Raïssi et son rôle dans les violations des droits humains. Des slogans tagués sur le mur proclament : « Raïssi est le meurtrier de 30 000 prisonniers politiques, le vote du peuple iranien est pour le changement de régime », « À bas Raïssi », « À bas Khamenei, vive Radjavi » et « Le vote du peuple iranien : le renversement du régime. »

En mai, les unités de résistance de l’OMPI ont lancé des appels au boycott de l’élection des mollahs dans plus de 310 régions des 31 provinces iraniennes. Cette campagne a commencé en avril 2021, après que la Résistance iranienne a appelé au boycott de la farce électorale.

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