Éditorial

Au fur et à mesure que le régime des mollahs s'affaiblit, de plus en plus de voix s'élèvent pour prétendre représenter l'alternative que le peuple iranien désire. Le régime des mollahs a trois points faibles majeurs et on peut distinguer les véritables opposants au régime par leur position dans ces trois domaines stratégiques.

Facteur 1 : Les sanctions internationales

Les sanctions internationales sont le talon d'Achille des mollahs. Le régime a désespérément besoin d'argent pour payer ses agents de répression et pour alimenter sa caisse de guerre. Il tente de contourner les sanctions par des transactions clandestines et offre d'énormes rabais sur les ventes de pétrole et de gaz, qui représentent 80 pourcent des revenus du régime. Dans le même temps, le régime essaie de présenter son opposition aux sanctions comme la volonté du peuple iranien, et même de groupes opposés au régime.

Depuis 1981, l'OMPI et le CNRI n'ont cessé d'exhorter le Conseil de sécurité de l'ONU et tous les gouvernements à imposer des sanctions économiques et pétrolières totales contre le régime.

L'accord nucléaire de 2015, qui a levé les sanctions et injecté des milliards de dollars à Téhéran, a donné au régime une bouée de sauvetage pour poursuivre sa répression contre les dissidents dans le pays et soutenir le dictateur syrien Bachar el-Assad, le Hezbollah libanais et les rebelles Houtites au Yémen. Le reste des fonds a fini par remplir les poches des mollahs et des Gardiens de la révolution (pasdaran).

Parallèlement, selon les propres chiffres du régime, la situation économique des Iraniens ordinaires s'est détériorée au cours de la même période. C'est parce que les mollahs n'ont jamais utilisé les fonds pour servir les intérêts du peuple.

Le peuple iranien n’accuse que les mollahs pour les difficultés économiques qu’il connaît. Dans les grandes manifestations qui ont secoué l'Iran au cours de l'année écoulée au sujet de l'effondrement de l'économie, un slogan commun a été : « Notre ennemi est juste ici ; ils mentent quand ils disent que c'est l'Amérique. »

Tant que les mollahs seront au pouvoir, chaque dollar de commerce avec Téhéran sera un dollar qui aidera le régime à répandre la terreur aussi bien au pays qu’à l'étranger.

Ceux qui s'opposent aux nouvelles sanctions américaines ou qui cherchent à les déclasser en plaidant en faveur de « sanctions ciblées ou intelligentes » font écho sciemment ou non sur la politique du régime. Le régime serait tout à fait satisfait si quelques-uns de ses responsables figuraient sur les listes de « sanctions intelligentes », tant que cela lui permet de gagner des milliards grâce à la vente de pétrole et de gaz.

Le peuple iranien et les véritables opposants au régime sont favorables à des sanctions globales paralysantes contre le régime.

Facteur 2 : Inscription des pasdaran sur la liste noire

Le Corps des gardiens de la révolution (pasdaran) constitue l'épine dorsale du régime. Sans eux, les mollahs ne peuvent pas se maintenir au pouvoir. Les pasdaran sont la principale force qui réprime les protestations populaires dans le pays, répand le terrorisme et le fondamentalisme dans la région et assure la perpétuation des activités illégales du régime qui menacent le monde en matière d’armes nucléaires et de missiles.

Tout opposant véritable aux mollahs chercherait à affaiblir et à anéantir les pasdaran. Pendant des années, le CNRI a demandé aux États-Unis et à l'Europe d'inclure les pasdaran sur leurs listes terroristes. Parallèlement, certains groupes, dont le fils du Chah évincé, ont fondé leur stratégie politique à tendre la main à des éléments au sein des pasdaran et à « réintégration de la majorité des membres non-corrompus et non-criminels des forces paramilitaires existantes ».

Facteur 3 : L’OMPI

L'Organisation des Moudjahidine du Peuple d'Iran (OMPI) est l'opposition démocratique la plus importante et la plus active au régime. Les mollahs considèrent l’OMPI comme leur principal ennemi et ont exécuté près de 100 000 membres de l’OMPI au cours des quatre dernières décennies. L’OMPI est également la plus grande organisation au sein de la coalition du CNRI. L’OMPI adopte une interprétation moderne et tolérante de l'islam qui s'oppose diamétralement aux points de vue fondamentalistes des mollahs.

Les unités de résistance de l’OMPI en Iran jouent un rôle déterminant dans l'organisation de grandes manifestations appelant à la fin du régime des mollahs. Le régime emprisonne, torture ou exécute toute personne qui ose exprimer son soutien à l’OMPI. Le régime craint que les gouvernements démocratiques n'apportent un soutien politique à l’OMPI.

En dehors de l'Iran, la stratégie du régime pour évincer l’OMPI implique à la fois le terrorisme contre le groupe et la diffusion d’informations diffamatoires pour la délégitimer. Le lobby du régime tente de décourager le soutien politique dont jouit l’OMPI à l'étranger en diabolisant le groupe. Ils prétendent, sans preuve, que l’OMPI n'a pas le soutien de l'opinion publique iranienne.

Ceux qui font écho, sciemment ou non, à la diffamation des mollahs contre l’OMPI, contribuent à la réussite du programme des mollahs en sapant l'alternative démocratique au régime théocratique. Certains sont même allés jusqu'à choisir le régime plutôt que l’OMPI. Les véritables opposants aux mollahs considèrent le régime comme l'ennemi numéro un du peuple iranien, et ils n'ont aucun intérêt à attaquer le groupe qui s'efforce le plus de chasser les mollahs du pouvoir. Nous ne sommes pas opposés aux critiques extérieures ou aux désaccords avec l’OMPI, mais l'animosité et l'hostilité envers l’OMPI est exactement ce que veulent les mollahs.

Quelle est la meilleure politique pour la communauté internationale à l’égard de Téhéran ?

Les gouvernements démocratiques doivent s'aligner sur les aspirations et les intérêts du peuple iranien. Ils ne devraient pas écouter les lobbies du régime. Ils ne devraient pas non plus écouter ceux qui prétendent à tort parler au nom du peuple iranien alors que leurs messages ne servent qu’à perpétuer la tyrannie moribonde.

La cheffe de l'opposition iranienne, Maryam Radjavi, soutient à juste titre qu'il y a six mesures principales que des démocraties peuvent prendre dans l'intérêt de la paix et de la sécurité mondiales :

1. Reconnaître le droit du peuple iranien et de la Résistance de renverser la théocratie au pouvoir et d'instaurer la liberté.

2. Inscrire le ministère du Renseignement et de la Sécurité (VEVAK) et d'autres organes de répression et d'exportation du terrorisme et du fondamentalisme sur la liste des organisations terroristes étrangères (FTO) du Département d'État américain et sur la liste de surveillance du terrorisme de l'UE.

3. Expulser les agents du VEVAK et de la force terroriste Qods des États-Unis et de l'Europe.

4. Renvoyer le dossier des violations des droits de l'homme et du massacre de prisonniers politiques par Téhéran au Conseil de sécurité des Nations unies et à la Cour internationale de justice.

5. Expulser le régime théocratique illégitime de l'ONU et reconnaître la Résistance iranienne comme le véritable représentant du peuple iranien.

6. Expulser le régime des mollahs et de ses forces de Syrie, d'Irak, du Yémen, du Liban et d'Afghanistan.