Le ministre de l’Intérieur des mollahs couvre des crimes contre l’humanité et tente de minimiser le nombre de tués du soulèvement de novembre
Par
Secrétariat du CNRI

• Admettant la coupure d’Internet et les dimensions massives du soulèvement, Rahmani-Fazli a dit : ils voulaient déclencher une guerre civile à la manière de la Syrie.
• Au bout de sept mois, le ministre de l’Intérieur des mollahs a reconnu le meurtre de 200 personnes lors du soulèvement de novembre, affirmant que 40 ou 45, soit environ 20 %, avaient été tuées par des armes non conventionnelles

Sept mois après le soulèvement de novembre 2019, tout en essayant d’en minimiser le nombre de victimes à 10 % du chiffre réel, Abdolreza Rahmani-Fazli, le ministre de l’Intérieur de Rohani a admis la nuit dernière que plus de 200 manifestants avaient été assassinés. Pourtant, terrifié par un retour de bâton, il a prétendu de façon absurde que 20 % des victimes avaient été tuées par des armes non conventionnelles, insinuant que les opposants au régime les avaient assassinées. Néanmoins, Rahmani a admis sans le savoir que le régime avait assassiné plus de 80 % des victimes.

Dans une interview accordée à la télévision publique le 30 mai 2020, Rahmani-Fazli a déclaré : « ils (les ennemis) ont annoncé que 10.000 personnes avaient été tuées, 8000 avaient été tuées, 7000, 6000. Ils ont même mentionné 2 000 personnes. Si Dieu le veut, nous annoncerons les chiffres les jours prochains. Le nombre de morts n’est pas du tout dans ces fourchettes. Je tiens à dire que 20 % du bilan, soit entre 40 et 45 victimes, ont été enregistrées comme martyrs. Ils étaient innocents et se trouvaient dans les rues et ont été tués par des armes et des tactiques qui ne sont pas utilisées par les forces de sécurité de l’État ou d’autres organismes gouvernementaux. »

Reconnaissant la coupure d’Internet, le ministre de l’Intérieur du régime a souligné l’ampleur des manifestations de novembre : « ils disent que Rahmani a coupé Internet pendant ces nuits. Bien sûr, je l’ai fait parce qu’ils formaient les gens et commandaient sur le terrain via Internet (…) La raison pour laquelle ils sont contrariés, c’est qu’ils voulaient déclencher une guerre civile. Pendant plusieurs mois, nous, les responsables de la sécurité du pays, nous les avons surveillés (…) Le prix de l’essence a été l’occasion de cette flambée (…) S’il y avait eu une vaste dimension et un vaste contexte social, cela aurait pris une ampleur beaucoup plus importante (…) Ils voulaient troubler le pays et provoquer l’insécurité, le transformer en une autre Syrie (…) Le maintien de la sécurité est important pour nous tous, et c’est la base de toutes les actions. »

Comme l’a rapporté le quotidien Etemad le 17 décembre 2019, Rahmani Fazli est le même criminel qui, lorsqu’il a été interpellé en décembre dernier par un député du Majlis disant que « deux personnes de ma circonscription ont été abattues d’une balle dans la tête. N’était-il pas possible de ne leur tirer dans le bas du corps ? », il avait répondu sans vergogne : « on leur a aussi tiré dans les jambes » !

L’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI / MEK) a annoncé pour la première fois le 15 décembre 2019 que le nombre de tués du soulèvement de novembre dépassait les 1 500 et a publié les noms de 765 de ces martyrs. Huit jours plus tard, le 28 décembre, Reuters a cité trois responsables du ministère iranien de l’Intérieur qui déclaraient : « environ 1 500 personnes ont été tuées pendant moins les deux semaines de troubles qui ont commencé le 15 novembre. » La dépêche soulignait : « les chiffres fournis à Reuters, selon les deux responsables iraniens qui les ont donnés, sont basés sur des informations recueillies auprès des forces de sécurité, des morgues, des hôpitaux et des médecins légistes. »

Les remarques de Rahmani-Fazli hier soir, selon lesquelles le nombre de tués du soulèvement de novembre serait annoncé dans les prochains jours, font perdurer un processus scandaleux où les responsables du régime s’accusent mutuellement, trahissant leur crainte des conséquences du massacre et des crimes contre l’humanité durant ce soulèvement.

Le 15 février, en réponse à une question sur le nombre de tués lors des émeutes de novembre, Hassan Rohani avait déclaré que les chiffres étaient à la disposition de la médecine légale du pays et qu’ils pouvaient être annoncés. Par la suite, le chef de la médecine légale du pays a annoncé que selon la décision du Conseil de sécurité nationale, c’était au gouvernement de publier ces chiffres. Cinq jours plus tard, Ali Rabi’i, le porte-parole du gouvernement, avait déclaré en marge d’un conseil des ministres : « ce que le président a dit était basé sur le fait que la médecine légale est l’autorité chargée d’annoncer la cause des décès et la délivrance du permis d’inhumer. » Il avait ajouté : « la médecine légale a annoncé (le nombre de personnes tuées) dans une lettre. Bien sûr, il faudra attendre l’annonce officielle de la médecine légale, qui a eu lieu, mais ce n’était pas suffisant. Les enquêtes sur le terrain et les rapports des organismes opérationnels sur la cause des morts et la manière de procéder ont é
galement été pris aux services de police et de sécurité (…) Les chiffres précis ainsi que la manière de procéder seront bientôt annoncés par les autorités compétentes. »

La Résistance iranienne n’a cessé de souligner que le massacre de novembre était un crime contre l’humanité et que les dirigeants et responsables du régime devaient être poursuivis et tenus responsables par un tribunal international.

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne
Le 31 mai 2020