BintlyPar Brian Binley, membre du Parlement britannique

The Hill, 3 août – Alors que le Conseil de sécurité imposait ses plus sévères sanctions à l'Iran pour son défi nucléaire, des rumeurs montaient comme quoi la Chine n’avait soutenu la résolution qu’après des mois de pression internationale.

Cependant, le fossé entre la Chine et les Etats-Unis est désormais clairement en train de s’élargir. De hauts responsables américains ont annoncé jeudi qu'ils iraient en Chine à la fin du mois d'août pour exhorter Pékin à intensifier et appliquer pleinement les sanctions contre l'Iran.

Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré vendredi qu'il « désapprouvait » les nouvelles sanctions sévères imposées au début de la semaine par l'Union européenne à l'Iran.

Plus tôt ce mois-ci, Pékin a fait part de son mécontentement de voir que Barack Obama avait suivi les sanctions de l'ONU en signant un projet de loi américain imposant des sanctions unilatérales allant bien au-delà de celles du Conseil de sécurité.

Bien que les pouvoirs occidentaux, y compris les États-Unis et les pays de l'UE, doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour veiller à ce que la Chine accepte de soutenir la pression supplémentaire mise sur l'Iran, la relation actuelle de la Chine avec Téhéran ne doit ni ne peut entraver les efforts internationaux visant à empêcher  l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

Beaucoup insistent sur les dangers de la marginalisation de la Chine comme un allié face à la menace iranienne et l’éventualité que les futures résolutions de l'ONU contre l'Iran rencontreront un veto chinois ou seront édulcorées par la Chine au point de les rendre sans valeur. Toutefois, bien que la Chine et l'Iran aient d'énormes liens commerciaux bilatéraux totalisant plus de 36 milliards de dollars l'an dernier et que Téhéran fournit 11% des besoins énergétiques de la Chine, le fait demeure qu'un Iran nucléaire armé est une menace avec laquelle la Chine, tout autant que les États-Unis, serait incapable de vivre.

Les actions du président Obama et de ses alliés occidentaux sont en effet tout à fait justifiées et parfaitement en ligne avec les désirs du peuple d'Iran et nous espérons affaiblir le gouvernement iranien actuel à tel point que le peuple iranien pourra opérer le changement démocratique qu'il demande. Depuis les élections frauduleuses de l'an dernier, les Iraniens se sont déversés dans les rues d'Iran avec des mouvements de protestation réclamant la fin de la dictature.

Il est cependant intéressant de noter qu’outre les appels du peuple pour mettre fin à la dictature de l'ayatollah Khamenei, les slogans des manifestants comprennent un message au Président des États-Unis exigeant de savoir s'il est avec eux ou contre eux. Le président semble maintenant avoir entendu leur appel et imposé des sanctions unilatérales qui vont frapper fort les dirigeants de l'Iran. Alors que les sanctions de l'ONU visent les gardiens de la révolution iraniens (CGR) et les investissements liés au nucléaire, les sanctions américaines visent beaucoup plus large, allant de mesures contre l'exportation en Iran d’essence et autres matériaux combustibles raffinés, et interdit en outre aux banques américaines de traiter avec les banques étrangères qui fournissent des services aux gardiens de la révolution.

Que la communauté internationale vise les gardiens de la révolution dans la dernière série de sanctions est non seulement justifiée en termes du rôle du CGR dans le programme nucléaire de l'Iran, mais envoie un autre message aux Iraniens comme quoi les Etats-Unis soutiennent leurs revendications démocratiques.

Il ne faut pas oublier que c’est le CGR qui a mené la répression sanglante des récentes manifestations et les mesures renforcées contre les transgresseurs du peuple iranien rempliront de joie les Iraniens ordinaires.

Le 26 juin, 100 000 Iraniens en exil se sont réunis en banlieue parisienne, dans une manifestation de soutien au mouvement d'opposition du peuple iranien, tout en exigeant la mise en œuvre de sanctions plus sévères. Mme Maryam Radjavi, présidente élue de l'opposition en exil, a soulevé la foule qui venait d’entendre John Bolton, ancien ambassadeur américain aux Nations Unies, et Jose Maria Aznar, l'ancien Premier ministre espagnol.

M. Bolton a exhorté l'administration Obama de lever la désignation de terroriste sur les Moudjahidine du peuple (OMPI), le principal groupe d'opposition. Le groupe, qui a d'abord été mis sur liste noire par l'administration Clinton pour attirer les faveurs des mollahs, a été retiré l'an dernier de la liste proscrite de l'UE quand les tribunaux n'ont trouvé aucune preuve de son implication dans le terrorisme. Au début de ce mois, la cour d'appel du District de Columbia a ordonné au Département d'Etat américain de réexaminer sa décision de maintenir l’OMPI sur la liste des organisations terroristes étrangères. Une campagne bipartite menée par le démocrate Bob Filner (Californie) à la Chambre des Représentants pour obtenir le soutien d’un projet de loi appelant à la fin de la classification du groupe terroriste est en cours et a besoin d’être soutenu.

Les cris du meeting à Paris couplés à ceux des rues de l'Iran semblent avoir enfin été entendus par les dirigeants occidentaux. Tout en harcelant les dirigeants de Téhéran avec des sanctions sur leur défi nucléaire, nous devons également soutenir le mouvement de l'opposition démocratique du peuple iranien. L'objectif est un Iran libre et démocratique, et qui doit être digne de soutien.

Brian Binley est député britannique conservateur et un membre du Comité parlementaire britannique pour la liberté en Iran