Conditions précaires pour les porteurs de marchandises victimes du régime iranien
Les porteurs de marchandises (« hommes-mulets ») en Iran sont confrontés à d’énormes risques en échange d’un salaire dérisoire. La contrebande est un métier risqué, mais en Iran elle est particulièrement dangereuse et des centaines ont perdu leur vie.

Ces hommes et femmes « mulets » portent des charges excessivement lourdes sur leur dos à travers la frontière ouest du pays.

Selon l’agence de presse ILNA, l'une des victimes les plus récentes est un garçon de 17 ans. Vahid Dolatkhah est décédé à la fin du mois d'août des suites d'un accident « non naturel », c.-à-d. qu'il a été abattu par des gardes-frontières iraniens.

Malheureusement, ce n'est pas le premier portier qui est mort dans de telles circonstances. Les gardes-frontières et les agents de sécurité sont connus pour être une énorme menace pour les porteurs.

En plus de la menace des autorités frontalières, les porteurs sont également exposés à de grands risques naturels. Ils doivent traverser un terrain très imprévisible et dangereux, et les conditions météorologiques pourraient empirer davantage le danger.

Dans les zones où ils travaillent, les porteurs risquent de marcher dans les champs de mines, vestiges de la guerre Iran-Irak dans les années 80.

Les porteurs iraniens sont des personnes dans l’indigence qui ne voient pas d'autre issue à la pauvreté extrême. Malgré les salaires dérisoires, ils deviennent porteurs pour supporter leurs familles. Ils sont parfois très jeunes, aussi jeunes que 13 ans, parfois très vieux.

Beaucoup de porteurs viennent des provinces du Kurdistan et de l'Azerbaïdjan de l'Ouest, et plusieurs viennent des communautés kurdes.

 

L'année dernière, il y a eu plus de 60 décès. Quarante-deux cas étaient provoqués par les gardes-frontières iraniens qui les ont abattu et 22 étaient dues aux conditions météorologiques ou à l’état du terrain (chute, hypothermie, etc.).

Selon les estimations actuelles, environ 70 000 personnes travaillent comme porteurs en Iran.

Dans les provinces peuplées du Kurdistan, la moyenne officielle du taux de chômage est d'environ 20 pourcent, mais les experts croient que le chiffre réel est beaucoup plus élevé et serait de 40 à 50 pourcent. C'est une situation extrêmement préoccupante, mais le régime n’en a cure.

Certaines personnes travaillant comme porteurs sont très instruites, mais en raison d'un manque total d'investissement dans la région, et aussi à cause du chômage, ils n'ont d'autre choix que de transporter des marchandises. La communauté kurde en particulier fait face à de nombreux problèmes en raison des discriminations ethnique et religieuse.

 

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