Mgr Jacques Gaillot

Mgr Jacques Gaillot intervenait à la mairie du 2e arrondissement de Paris à l’occasion d’une exposition sur les droits de l’homme en Iran. C’était l'anniversaire du massacre de 30 000 prisonniers politiques en 1988 en Iran. C’est pourquoi une exposition a été organisée les 30 et 31 août à l’initiative du Comité des maires de France pour un Iran démocratique et du Comité de Soutien aux droits de l’homme en Iran (CSDHI).

Cette exposition de photos, de documents et de témoignages d’anciens prisonniers apportait un éclairage bouleversant de ce crime contre l'humanité commis par le régime iranien resté impuni. L’exposition était enrichie par les interventions de personnalités présentes ainsi que d’anciens prisonniers et familles de victimes.

Mgr Gaillot a averti que "le jugement de l’histoire sur les auteurs du massacre de 1988 en Iran sera terrible" :

Lorsqu’il y a eu en 1988 ce terrible massacre, il y a eu un homme qui a eu le courage de parler et de dénoncer les crimes commis, c’est un ayatollah, respecté par le pouvoir qui en conscience a dit qu’on ne pouvait pas continuer ce massacre. Il a eu cette parole prophétique que le massacre serait un jour jugé et que le jugement de l’histoire serait terrible sur eux ; et qu’un jour ils seraient condamnés par la justice.

Et puis la chape de plomb de silence est retombée pendant bien des années. Et voici que l’été dernier, il y a un an, des écrits et une vidéo ont mis au grand jour ce qui s’était passé et y ont dénoncé les auteurs de ce crime.

Ce qui est caché ne peut pas le rester toujours. Tout ce qui est caché doit un jour venir à la lumière. Et le peuple iranien a connu la vérité du massacre. Et aujourd’hui nous essayons de connaître ce qui s’est passé.

C’est un encouragement, et une fois que les choses sont dans la lumière, les auteurs du crime commencent à avoir peur. Parce qu’ils savent que nous savons. Et surtout qu’ils redoutent qu’une commission internationale d’enquête se fasse. Ils redoutent aussi qu’un jour la justice les rattrapent. Donc on peut dire que la peur est en train de changer de camp. Parce que tant le peuple iranien que l’opinion internationale, nous savons que les auteurs de ce crime continuent d’exercer leur pouvoir en Iran.

Quand on parle de la répression, comme on l’a dit tout à l’heure, elle continue, les pendaisons continuent, les prisonniers sont nombreux dans des conditions inhumaines, et puis il y a toujours des opposants nombreux qui résistent.

Nos amis de Tirana, en Albanie ont connu la terrible répression à Achraf dont l’anniversaire sera demain. Et ils ont l’expérience de ce que c’est qu’un massacre et une répression. C’est pourquoi ils ont quelques choses à dire et ils sont pour nous toujours sources d’inspiration. Ce qu’ils ont vécu les aident dans ce qu’il faut faire aujourd’hui. Et je pense que nos amis de Tirana qui continuent de résister et de lutter pour que la justice se fasse, pensent que le moment arrivera et que si les bourreaux sont condamnés alors c’est le régime des mollahs qui sera condamné. Et si le régime des mollahs est condamné alors c’est qu’un changement de régime est possible.