La crise environnementale du lac Oroumieh en Iran
CNRI – Le lac Oroumieh, premier lac de l'Iran et jadis le deuxième plus grand lac salé du monde (145 km de longueur sur 55 km de largeur), est cité dans les récits historiques de diverses civilisations depuis des millénaires. Aujourd'hui il n'est que l'ombre affligeante de lui-même.

Rouhollah Hazratpour, député du parlement des mollahs, a déclaré dans une interview avec les médias officiels, le 5 Juin 2017: « Les statistiques publiées sur le lac Oroumieh diffèrent totalement de ce que les habitants vivent dans le plus grand centre de désertification du pays. »

Il a exprimé son inquiétude au sujet de cette question, pouvant potentiellement devenir une crise de sécurité pour le régime. « Je veux informer le Majlis (Parlement) d'une crise majeure qui met en danger la vie de plus de 12 millions de personnes. Comment les autorités font-ils leurs rapports sur le processus d’assèchement du lac Oroumieh alors que sa taille est passé de 2517 kilomètres carrés en juillet 2016 à 2288 kilomètre carré en juillet de cette année ? »

Il a souligné : « Les autorités parlent du contrôle de conversion de l’eau et de la réduction naturelle de 7 cm du niveau d'eau pendant la saison estivale, alors que la saison estivale vient juste de commencer dans la région et que le niveau d'eau du lac s’est évaporé de 20 cm. Soyez-en sûr, le niveau d'eau baissera de 50 cm à la fin du mois d’Août. »

Ces dernières années, plusieurs grandes rivières iraniennes se sont asséchées. Les médias ont révélé que « sur quelques 1200 villes en Iran, seulement 500 peuvent fournir suffisamment pour la consommation courante ». Des protestations ont eu lieu dans plusieurs villes contre la pénurie d'eau. Et la crise de l'eau est étroitement liée à la sécurité nationale ».

Prisé pour ses vertus thérapeutiques, attirant les curistes du monde entier, le lac Oroumieh est en train d’être rayé de la carte. Les touristes, émerveillés par la multitude de flamants roses, de pélicans et d'autres oiseaux des rivages, se baignaient dans ses eaux salées et s'enveloppaient de sa légendaire boue noire pour guérir les articulations. Oroumieh, appelé la version iranienne de la Mer Morte, s'est transformé en des étendues de boue asséchées par le soleil et ne contient plus que 5 % de l'eau qu'il contenait il y a tout juste 20 ans.

En trois décennies, affirment les experts, une combinaison toxique de pratiques d'irrigation effrénée et la construction de barrages sur les affluents, ont accéléré son déclin. Mais son assèchement est principalement dû au forage d’un grand nombre de puits et à la construction de barrages. On compte 24 000 puits forés par les agriculteurs et 72 barrages construits par les autorités. Par ailleurs, les écologistes avertissent que les sels toxiques provenant des rives desséchées du lac Oroumieh risquent de souiller durablement les terres agricoles des environs.

En effet, cette politique irréfléchie des autorités s'est retournée contre les agriculteurs et la population locale: les champs cultivés des alentours du lac mais aussi ceux de tout l’ouest du pays sont envahis de poussière saline causée par les tempêtes de sel provenant de ce lac. Les villes de la région sont aussi touchées par cette poussière et de nombreuses maladies respiratoires commencent à être diagnostiquées parmi les populations avoisinantes.